Lycée Henri Becquerel
Nangis
Pour valoriser l’architecture expressive aux volumétries complexes du Lycée Henri Becquerel (architecte Jean-François Laurent, 1992), son extension propose un contrepoint tout en simplicité et régularité. De séculier à régulier, le nouveau bâtiment trouve dans la rigueur de sa trame la flexibilité nécessaire
à l’évolution du Lycée. Les circulations prolongent celles de l’existant et bouclent sur deux niveaux. Cette régularité libère les plateaux, permet l’évolution des usages et constitue un écrin pérenne au bâtiment historique. L’ingénierie architecturale est au service de l’adaptabilité et de la durabilité.
La charpente en bois organise le programme en définissant les circulations, libère de toutes sujétions porteuses les salles de classe pour plus de flexibilité et allège le poids carbone de la construction. Les remplissages en façade et les contre-cloisons en briques de terre crue compressée, issues des gisements créés par les tunneliers du Grand Paris Express, augmentent l’inertie thermique du bâtiment sans obérer son poids carbone. Les tours à vent situées au-dessus des espaces centraux en double hauteur du bâtiment permettent de ventiler et d’éclairer naturellement le hall et le restaurant.
Alignées sur les vents dominants, omniprésents dans ces plaines céréalières du plateau de la Brie, les tours à vent fabriquent en sous-face des volumes torsadés tapissés d’absorbant acoustique, caractérisant les espaces collectifs du lycée.
Pragmatisme constructif et conception bioclimatique sont mis au service des plaisirs d’usage. Les salles d’enseignement bénéficient d’une lumière naturelle maîtrisée, d’une ventilation efficace, d’une acoustique soignée et d’une grande liberté d’aménagement. Les matériaux sont naturels, les teintes douces.
Les espaces extérieurs sont restructurés autour de pièces aux ambiances complémentaires : parvis, futaie, parc, cour de service, ancienne cour ovale replantée et terrain de sport. Les jardins limitent l’imperméabilisation, favorisent la rétention des eaux et développent une diversité de milieux propices à la biodiversité. Ces jardins sont plantés drus : l’architecture disparaît derrière des masques végétaux qui protègent des vents et du soleil. Conception bioclimatique, paysage et usages convergent pour construire le patrimoine de demain : un lycée durable et adaptable dont la nouvelle architecture valorise l’existant et inscrit l’établissement dans son territoire.
Maîtrise d’ouvrage
Région Ile-de-France – IDF Construction Durable
Situation
Nangis (77)
Superficies
5 370 m²
3 600 m² espaces extérieurs
places de parking
Maîtrise d’œuvre
Architecte : COSA
Équipe COSA : Julien Oblette avec Pierre-Louis Castro, Mathias Lefebvre, Pauline Lefort, Loïc Le Mercier, Paul Perez, Grégoire Stouck
Structure : RBS
Fluides, CVC, VRD, approche Environnementale : Nicolas Ingénieries
Cuisines : Process cuisine
Économie : Execo
Calendrier
Phase 1 livrée été 2026
Programme
Restructuration partielle et extension du Lycée en charpente bois – brique de terre compressée : espaces d’enseignement (salles de classe, ateliers, laboratoires, magasins de vente), administration (bureaux, salles de réunion), espaces de réception (atrium, auditorium), espaces collectifs (centre de documentation, salle de sport, réfectoire et cuisine – 1 200 repas/jours), espaces extérieurs (parvis, parking, terrain de sport, cour intérieure, parc)
Travaux en site occupé, en trois phases
Ingénierie environnementale
Label E3C1
Conception bioclimatique de l’enveloppe avec, notamment, des tours à vent qui assurent la ventilation naturelle et l’installation de façade en structure bois et remplissage de briques de terres compressées, plancher mixte bois-béton
Utilisation de matériaux biosourcés dont bois labellisées PEFC et/ou FSC (charpente, menuiseries)
Production d’énergie renouvelable avec la chaufferie bois
Toiture à végétalisation intensive et extensive
Chantier à faibles nuisances et valorisation des déchets de chantier > 70%
Cuve de récupération EP
Photos : Charly Broyez et François Baudry